26 novembre 2006
Les Amazones / Oiorpata !
D'où vient mon nom...
A l’époque où les Grecs combattirent les Amazones (que les Scythes appellent les Oiorpata, de Oior : hommes, et pata : tuer, donc les Tueuses d’hommes), et quand ils les vainquirent à la bataille de Thermodon, ils repartirent en emmenant sur trois de leurs vaisseaux toutes les Amazones qu’ils avaient pu capturer vivantes. En cours de route, elles se mutinèrent et massacrèrent les équipages. Ne sachant pas naviguer, ni se servir d’une voile ou d’un gouvernail, elles dérivèrent et allèrent s’échouer à Cremni, près du lac Maiotis, sur le territoire des Scythes nomades. Elles débarquèrent, progressèrent vers l’intérieur du pays où elles aperçurent une bande de chevaux sauvages dont elles s‘emparèrent et avec lesquels elles se mirent à piller la contrée. Les Scythes, qui n’avaient jamais entendu parler des Amazones, et ne connaissaient ni leur langage ni leur costume, restèrent stupéfaits. « D’où peuvent bien venir ces créatures ? » se demandèrent-ils. Ils les prirent d’ailleurs pour des hommes, ou plutôt pour des adolescents, et engagèrent la bataille. Ce n’est qu’à la fin du combat, en examinant les cadavres, qu’ils s’aperçurent que c’étaient des femmes. Sur quoi ils décidèrent de les épargner et d’envoyer à leur rencontre une troupe de jeunes Scythes. Ces Scythes devaient s’installer à proximité des femmes et se contenter de les imiter. Si elles les poursuivaient, ils s’enfuiraient sans combattre et reviendraient aussitôt l’alerte passée. Tout ceci à seule fin de les « apprivoiser » et d’en avoir des enfants.
Les Scythes partirent et suivirent les instructions reçues. Voyant qu’ils ne marquaient pas d’intentions hostiles, les Amazones les laissèrent tranquilles et, de jour en jour, les deux camps se rapprochèrent insensiblement. Pour la circonstance, les Scythes avaient adopté le genre de vie des Amazones : ils n’avaient avec eux que des armes et des chevaux, et vivaient de chasse et de pillage.
Chaque jour, vers midi, les Amazones s’isolaient dans la nature pour faire leurs besoins. Les Scythes,
comme il se doit, en firent autant. Un des Scythes tomba par hasard sur une Amazone, la jeta aussitôt par terre et fit l’amour avec elle sans qu’elle opposât la moindre résistance. Mieux même, elle lui proposa de revenir le lendemain avec un autre, au même endroit ; tout ceci par gestes, puisqu’ils ne pouvaient se comprendre autrement. Le Scythe raconta au camp son aventure et retourna le lendemain au « rendez-vous » avec un camarade. Son Amazone l’y attendait effectivement avec une amie. Dès lors, tous les autres Scythes eurent tôt fait d’ « apprivoiser » le reste des Amazones. Les deux camps n’en firent plus qu’un, chaque Scythe s’installant avec l’Amazone qu’il avait connue en premier.
Les hommes ne purent jamais arriver à parler l’ « amazone », mais les femmes se mirent très facilement au « scythe ». Dès qu’ils purent se comprendre, les Scythes dirent à leurs femmes : « Nous avons des parents dans ce pays, et des biens. Cessons de mener cette existence et revenons chez nous. Vous resterez nos femmes, nos seules femmes, - Impossible, répondirent les Amazones, impossible de cohabiter avec les femmes de chez vous. Nous sommes trop différentes. Nous, nous tirons à l’arc, nous lançons le javelot, nous montons à cheval, nous ne sommes pas des ménagères. Vos femmes, à vous, passent leur vie enfermées dans leurs chariots à s’occuper du ménage au lieu d’aller à la chasse. Si vous tenez à nous garder, retournez chez vous, prenez les biens qui vous appartiennent et revenez ici ».
Les Scythes s’exécutèrent et revinrent chez les Amazones avec leurs biens. Maintenant que nous vous avons séparés de vos familles et que nous avons à moitié pillé votre pays, leur dirent les femmes, mieux vaut ne pas nous attarder dans ces parages. Quittons ce pays, traversons le Tanaïs et installons-nous par là ». Les Scythes acceptèrent une fois de plus, et tout le monde partit ver le Tanaïs. Ils traversèrent le fleuve et s’avancèrent, en direction de l’est, jusqu’à des régions situées à trois jours de marche du Tanaïs, et à trois jours au nord du lac Maiotis.
Voilà pourquoi, de nos jours, les femmes Sauromates, à l’image de leurs aïeules, les Amazones, montent encore à cheval, vont à la chasse, font la guerre et s’habillent comme des hommes. Les Sauromates parlent le scythe, mais un scythe déformé, tel que le parlaient les Amazones. Pour pouvoir se marier, les vierges sauromates doivent tuer d’abord un ennemi, ce qui fait que beaucoup meurent vieilles filles, faute d’avoir rempli cette condition.




